La Tour Carrée témoigne du passé médiéval de Loudun. Elle domine la ville et son territoire. Construite probablement en bois vers 1040 par Foulques Nerra, Comte d’Anjou et Seigneur de Loudun, pour protéger ses états d'éventuelles incursions des comtes de Poitou, elle fut rasée et rebâtie sur les mêmes fondations par son petit fils Foulques le Rechin durant le XIIème siècle, selon la forme actuelle.

2007 Juillet Parc du Château C3


Grandes dates :

Fin du XIe siècle : Foulques III Nerra fait construire l'actuel donjon.
1209 : Le roi Philippe Auguste s'empare de la place.
1598 : En gage de bonne exécution de l'Edit de Nantes, Loudun est donné aux Protestants.
1622 : Le roi Louis XIII ordonne de démanteler la forteresse, à l'exception de la Tour Carrée.

Au XVème siècle, elle a été enclavée dans les bâtiments du Palais Royal. Au XVIIème siècle, elle fut sauvée in extremis lors de la démolition, à la demande de Richelieu pour marquer la victoire du Royaume contre les places fortes protestantes.

Contrairement à ce que laisse penser son nom, les côtés de cet édifice remarquable ne sont pas égaux : 9,52 m × 8,55 m × 9,10 m × 8,70 m. Les faces orientales et occidentales possèdent trois contreforts plats ; les faces sud et nord, quatre. Une porte légèrement cintrée à arcs doublés s'ouvre au nord entre deux contreforts à environ quatre mètres du niveau du sol. A l'inverse de nombre de grandes tours quadrangulaires contemporaines, la tour de Loudun n'eu jamais de vocation résidentielle. Trop exiguë et non pourvu de défenses militaires, elle ne constituait qu'un solide point d'observation. Haute de 31 mètres et perchée sur une imposante éminence naturelle, la vue imprenable que l'on admire depuis son faîte est à couper le souffle et explique à elle seule sa fonction. L'espace intérieur de 5,50 m sur 5 m se décomposait primitivement en quatre niveaux séparés par trois planchers. Le sommet possédait une voûte de pierre formant terrasse extérieure. De très étroites fenêtres apportaient un peu de lumière aux étages supérieurs. L'emmarchement d'un escalier de pierre est encore visible en haut du mur intérieur nord.

Les murs ont une épaisseur de 1,80 m sur toutes les faces à l’exception de la face Sud qui, elle, mesure, 2 m. Elle comprenait 4 niveaux superposés la faisant culminer à 28 mètres de haut. Ces différents niveaux étaient séparés les uns des autres par des planchers dont il reste encore les traces d’ancrage des poutres, des solives et des sablières.
La tour est classée Monument Historique en 1877.

 

Restauration

Depuis janvier 2017, la ville et la fondation du Patrimoine ont signé une convention (pour 5 ans) pour la restauration de ce monument. Un appel à la souscription a d'ailleurs été lancé.restauration tour «Après quelque 1.000 ans, la grande et vieille dame méritait bien un lifting, elle sera restaurée à l'identique», indique le maire Joël Dazas. 1.916.107 € HT vont être consacrés à cet emblème incontournable de la ville.

La restauration des façades de la tour consistera principalement à remplacer les pierres malades qui ne peuvent être conservées sans entrainer à terme des problèmes de sécurités et de stabilité. A l’intérieur de la tour sera aménagé un escalier métallique qui s’élèvera jusqu’au niveau des chéneaux en pierre existants. A partir de ce niveau, l’accès au chemin de ronde deviendra extérieur. Une volée d’escalier permettra d’accéder au sommet. L’étanchéité sera assurée par une verrière placée juste au-dessus des anciens chéneaux pour y déverser les eaux de pluie recueillies.

Nature des travaux

La principale cause des altérations de la pierre de tuffeau, quasiment seul matériau constituant cet édifice, est l’eau de pluie qui bat ces hautes façades. 

travaux tour

A l’extérieur, ces altérations provoquent des pertes de matière importante, entrainant des chutes de pierre dangereuses et pouvant à terme mener à une véritable déstabilisation de la structure et de l’édifice. A l’intérieur, l’escalier en bois est très dégradé et à la limite de la rupture en de nombreux points, en raison du ruissellement auquel il est soumis depuis le haut de l’édifice. 

En partie haute, la Tour carrée est aujourd’hui couverte par une verrière totalement vétuste et sur le chemin de ronde, le sol est constitué de dalles carrées de béton lavé qui ne semblent plus assurer une bonne étanchéité.



Vocation du site

L'ensemble du programme permettra la préservation du monument, tout en rendant à nouveau possible la visite du public et l’accès au sommet de ce donjon roman, œuvre majeure de l’architecture militaire de la région.